Journal de Bord Vendredi 11 Mai 2007

Publié le par yves Buffet

vendredi 11 mai 2007

Il est 8H30

Je suis dans le port de MAHON sur l’ile de Minorque !

La première étape est terminée et j’ai beaucoup de choses à vous dire, mais reprenons depuis la fin de mon dernier message.

Le jeudi 10 au matin nous comptions partir assez tôt pour passer dans une fenêtre météo. Elle consistait à partir avec un peu trop de vent, pour avoir moins de calme ou de vent de face sur l’arrivée. En fait, contrôlant une dernière fois l’électronique de bord, je constate que le fameux AIS, qui fonctionnait bien la veille, ne donne aucun signal ce matin….

J’appel Patrick l’électricien qui arrive de suite, avec une bonne conscience professionnelle et qui essaye jusqu'à 12H30 en vain de trouver la panne. Il est décidé de lui laisser l’appareil pour retour au fournisseur et de partir sans. AIS nous n’en parlerons plus, et nous sommes quatre à bord donc en nombre suffisant pour assurer nos tours de quart.

Déjeuner rapide à bord, histoire d’avoir quelque chose dans l’estomac, cela pourra servir….

 

14H30 Nous quittons Port Napoléon, l’aventure commence.

            Le vent est assez soutenu, le soleil brille,  nous sommes en polo, l’idéal pour partir.

Nous sortons du chenal et de la baie de Fos au moteur et après quelques miles nous mettons le bateau bout au vent pour hisser les voiles.

            Après quelques heures, le vent monte, je suis de plus en plus mal, j’ai très froid, et je n’ai plus la force de redescendre à l’intérieur pour prendre des habits chauds.

Je suis pendant une heure environ accroché au bastingage à renvoyer ce que je n’ai plus dans l’estomac…

Satisfaction je ne suis pas le seul Bertrand est dans le même état que moi.

Il faut que je prenne une décision, je descends dans ma cabine pour m’habiller, je mets un jean et le haut de ma tenue toute neuve de chez L’aigle, toute rouge avec des bandes fluo partout, avec par dessus le harnais et la sangle pour rester crocheté à un point fixe quand je me penche. J’ai maintenant bien l’air d’un vrai marin.

La mer est grosse, des creux de 3 mètres et le vent au plus fort souffle à 35 nœuds (environ 65 km/h).

La tenue ne fait pas tout, d’abord dans la cabine pour l’enfiler il a fallu utiliser mon seau personnel, ensuite de nouveau sur le pont, ayant plus chaud, l’estomac ne me laisse que peu de répit entre chaque crise, c’est beau la mer, penché sur sa bile qui coule sur le pont.

A 18h30 environ, je décide de tenter de me coucher dans ma cabine. Tout habillé avec ma veste, mon harnais et mes chaussures.

            Je suis balloté comme un sac de noix, je me cale contre le côté du bateau dans le sens de la gite avec les deux oreillers et les choses s’améliorent. Couché je ne renvoi plus, je suis lucide et au bout de quelque temps je réussis même à somnoler. Voulant assurer ma fonction de capitaine je tente à plusieurs reprises de me lever mais aussitôt assis j’utilise le seau.

Le temps passe assez facilement entre temps de somnolence et temps de réveil, probablement que la fatigue et le sommeil m’ont bien aidé à passer ce cap difficile.

A 7h 30 je monte sur le pont, très vaseux, et fatigué mais il ne me restera qu’une ou deux petites crises après que j’ai essayé de manger une tranche de pain sec. L’estomac pour l’instant n’envisage pas de supporter le moindre produit.

Le bilan de cette nuit sur le plan du mal de mer, où certains disent de la nécessité de s’amariner a été de 3 malades sur 4. Dans l’ordre Yves devançant une courte tête Bertrand, ensuite  Raymond. Seul Rodolphe a résisté bien que devant venir assez souvent prendre l’air quand il travaillait à la table à carte pour faire le point.

            La mer se calme dès le matin le vent est tombé, nous marchons sous voile à 7 à 8 nœuds, mon état s’améliore progressivement, bien que la fatigue qu’engendre le mal de mer soit en fait la conséquence la plus longue se dissiper.

Nous sommes seuls au milieu de la mer et de tous les côtés, de l’eau à perte de vue.

            Le vent tombe encore, la mer devient plate nous mettons le moteur à 2100 tours nous marchons à 8 nœuds. Nous finirons notre voyage au moteur pendant 13 heures. C’est assez confortable et le temps passant je commence à reprendre de l’énergie en avalant une pomme, une orange et quelques gâteaux.

Sur le soir le vent se relève, il est de face, le bateau tape un peu dans les vagues les plus grosses, l’eau passe sur le pont, mais ma bonne forme se maintient. Je commence à penser qu’il y à 24 heures que je n’ai rien avalé et que l’escale sera la bienvenue.

21h environ les côtes des Baléares sont en vues, la nuit tombe, nous rentrerons au port de nuit.

Raymond le skipper en titre a longuement étudié les instructions nautiques, nous recherchons dans les lumières de la côte un feu blanc à trois éclats. Après un peu d’hésitation et du contrôle de notre position sur la carte nous trouvons la passe derrière une grosse montagne.

Les feux rouges et vert apparaissent, c’est un long chenal qui nous conduit au fond d’une baie bien protégée du vent du sud.

Après une recherche dans leurs lueurs de la ville d’une place pour s’amarrer, je fais un créneau impeccable sur un ponton libre.

Quand la manœuvre est terminée il est 23h30, Je réclame à Rodolphe un plat de spaghetti qu’il prépare avec une sauce champignon et lardon. Même crus je crois que je les aurai trouvé bons.

A une heure du matin extinction des feux pour une vraie nuit de sommeil.

Je suis satisfait de ce premier voyage qui a duré 33 heures et dont la fin a été encourageante.

 

A suivre……

      

 

 

 

 

 

 

Publié dans récit du voyage

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E
Bonjour à vous quatre. Je suis Elisabeth la compagne de Rodolphe et je me réjouis de lire votre journal de bord. Celà me permet d'être plus proche de vous et de vous suivre plus facilement. Je souhaite que cette belle aventure humaine vous apporte de la joie malgré des mauvais coups de vent... Je pense à vous et aux mauvaises conditions météo qui ont rythmées vos premiers jours de mer. A trés vite . Je vous embrasse
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