Journal de Bord Mardi 22 Mai 2006

Publié le par yves Buffet

            Mardi 22 mai, à 6 heures du matin nous sommes en approche finale du port de CASCAIS, peu après 7 heures nous sommes accostés au ponton carburant. L’étape de Gibraltar à Lisbonne est enfin terminée après 69 heures et 30 minutes de navigation.   Pour information, Lisbonne est sur le fleuve Tage, Cascais est  proche de  l’embouchure du Tage.

Nous attendrons 10 heures ce matin que la station ouvre pour remplir notre réservoir des 334 litres que nous avons consommé depuis Gibraltar pour 52,6 heures de moteur. Question : combien a t’on consommé par heures ? Interro à l’arrivée.

 Les Portugais sont décalés d’une heure par rapport à nous et à l’Espagne, nous avons attendu 3 heures avant d’immobiliser le bateau à notre place définitive dans la marina. Il y a des heures qui sont plus longues que d’autres.

 

Nous prévoyons de rester deux nuits à Cascais. Il faut que l’équipage récupère car ni les hommes ni le bateau ne sont sortis indemnes de cette étape.

Bertrand n’a pas résisté, il avait pourtant beaucoup navigué mais il a tellement été malade qu’il a décidé de nous quitter. Il a quitté le bord à midi sans vouloir manger, il est parti un peu hagard en me disant «  je laisse mes bottes elles serviront bien à quelqu’un ».

Le bateau a lui aussi souffert. Les feux de navigation de tête de mât, vert et rouge ne marchent plus. Un feu de barre de flèche est sorti de son emplacement et quelques détails de peu de gravité. Le problème majeur s’est produit au branchement du bateau sur le 220V du quai. Pourquoi? Obligatoirement à cause d’un court-circuit, la prise électrique sur laquelle était branché le sèche-linge a fondue, elle s’est consumée en dégageant une épaisse fumée noire due au plastique. Seule cette ligne électrique est endommagée mais il m’a fallu près de 3 heures à l’éponge et au chiffon pour nettoyer la salle de bain et la douche où tout était noir de suie.

Demain matin nous entreprendrons les réparations indispensables en particulier celles qui concernent le fonctionnement des feux de tête de mât.

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Cette étape ayant été trop longue et trop difficile, nous envisageons pour continuer, de faire des étapes plus courtes, qui seront bien sûr conditionnées par la météo. La cohésion de l’équipage en dépend, je pense que pour des raisons diverses nous souhaitons tous en terminer au plus tôt. Je souhaite arriver pour le baptême de mon denier petit fils Eliot le 10 juin, mais cela ne peut-être au détriment de la sécurité.   

 

Voyons l’aspect personnel des choses ; Comment ai-je surmonté cette épreuve ?

            J’ai été malade 3 ou 4 fois et comme je n’avais absolument rien mangé dans les dernières 48 heures, c’est un peu de bile qui a coulé sur le pont ou dans les toilettes de ma chambre. En fait je suis très satisfait d’avoir aussi bien traversé cette épreuve. Je ne suis pas malade couché sur mon lit bien qu’à certains moments l’intérieur d’un mixer doit être plus confortable. Je ne suis quasiment pas malade sur le pont malgré le froid la pluie et le paysage qui bouge dans tous les sens. Je deviens très vite malade quand je me lève, quand je m’habille, quand je suis debout dans le fond du bateau.  Alors pour la prochaine étape, je m’habille une fois pour toute et je me coucherai avec ma veste de quart mes chaussures et mon harnais, sans rien quitter.

            Sur le plan de l’hygiène, il ne faut pas être très regardant, je suis allé aujourd’hui 22 mai prendre une douche dans les sanitaires de la marina, la dernière datait du 18 au soir, entre les deux, rien. Pas possible en mer et puis comme nous ne faisons que nous croiser pour les quarts, l’odeur des autres ne nous importune pas.

 

A bientôt pour la suite des aventures de quatre mousquetaires qui ne sont plus que trois…

Publié dans récit du voyage

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